Liberté Egalité Sexualité

Blog pour la promotion d'une véritable liberté sexuelle, contre les lois et les moeurs liberticides réprimant la liberté sexuelle dans le monde (répression de l'homosexualité, de la contraception, de la sexualité hors-mariage, etc...).

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# Posté le mercredi 03 septembre 2008 10:12

Modifié le samedi 04 avril 2009 17:18

Dubaï - Deux femmes, un bisou : un mois de prison

Dubaï - Deux femmes, un bisou : un mois de prison
Un journal local rapporte dimanche l'histoire de deux femmes condamnées à un mois de prison pour s'être embrassées sur une plage publique.

H.S. (avec agence) - le 31/08/2008 - 12h30

Pour un bisou, c'est cher payé. Deux femmes qui s'étaient embrassées sur une plage publique de Dubaï devront passer un mois en prison. Le journal 7 days rapporte cet épisode dans son édition de dimanche.

Une Cour d'appel de Dubaï a confirmé la peine de prison prononcée en première instance pour une Libanaise de 30 ans et une Bulgare de 36 ans, reconnues coupables, selon l'acte d'accusation, de s'être "s'être embrassées, câlinées et adonnées à des actes indécents" en avril. Un témoin raconte avoir vu "la femme libanaise allongée sur la Bulgare. Les deux femmes s'embrassaient et se faisaient des calins devant nous." Un autre dit avoir "appelé la police, car cela était indécent, d'autant plus qu'il y avait des familles tout autour".

Les deux femmes, qui ont plaidé non coupables, seront expulsées après avoir purgé leur peine de prison, selon le verdict du tribunal rendu dans la première affaire du genre aux Emirats arabes unis, une fédération de sept membres dont Dubaï.

Riche pays pétrolier du Golfe, les Emirats arabes unis veulent s'imposer comme un centre d'affaires et une destination touristique régionale mais restent très soucieux de leur ordre social, réprimant entre autres l'homosexualité et la prostitution.


Vu ICI




Réactions relevées sur le site :

le 31/08/2008 à 14h50
Une amende aurait suffi, mais après tout, il faut respecter la décence. faites ce que vous voulez, mais chez vous, en privé!!
Alain, Bxl


le 31/08/2008 à 13h55
"Un témoin raconte avoir vu "la femme libanaise allongée sur la Bulgare. Les deux femmes s'embrassaient et se faisaient des calins devant nous." Un autre dit avoir "appelé la police, car cela était indécent, d'autant plus qu'il y avait des familles tout autour". Sans être favorable à une peine de prison, je comprend que l'homosexualité ainsi affiché en publique puisse choquer.
Guellec, Quimper





No comment...





# Posté le mercredi 03 septembre 2008 10:27

Régime politique, tolérance et intolérance...

Régime politique, tolérance et intolérance...
Extraits d'une interview de Fabrice Neaud, dessinateur de bandes dessinées


Ce qu'il faut dire, c'est que l'hétérosexualité n'est pas normale. Elle n'est pas centrale non plus. Elle est majoritaire, point ! Et étant majoritaire, elle se croit normale, c'est-à-dire, surtout, normative. C'est d'ailleurs son principal défaut. Ce n'est pas le tronc de la sexualité de laquelle jailliraient des sexualités annexes dont l'homosexualité ferait partie (je crois même que l'hétérosexualité est le degré zéro de la sexualité quand elle ne procède pas d'un questionnement). Les homosexuels, eux, sont obligés de se poser des questions et de se positionner. Normal, " pédé " est une insulte avant même que le " pédé " en question se rende compte qu'il l'est. L'hétérosexualité est une sexualité négative, elle se définit par ce qu'elle n'est pas : " T'es pas pédé, au moins ? On ne te voit jamais avec une fille !... ".


Moi, c'est sur cette définition négative de l'hétérosexualité que je m'interroge, et surtout sur l'hétérosexualité masculine. Mais attention ! Quand je dis " hétérosexualité ", je ne parle pas de la " pratique sexuelle " mais du régime normatif qu'elle induit.


Beaucoup de questions sont posées aux homosexuels. Mais qu'un homosexuel interroge l'hétérosexualité et là, il n'y a plus personne ! Nous voyons bien de quel côté se situent les interrogations et donc l'interrogatoire. Votre question même n'échappe pas au piège... Nous voyons bien que c'est l'hétérosexualité qui se place d'emblée en position de supériorité épistémologique. C'est elle qui pose les questions ! Mais c'est elle qui apporte également les réponses ! Ecoutez-la, et écoutez les hétérosexuels " tolérants ". Ils ont toujours un truc à dire sur les gays et sur l'homosexualité. Ils tolèrent, ils apportent leur " bienveillante neutralité ", mais dès qu'il s'agit de parler du Pacs ou de l'homoparentalité, les propos deviennent plus évasifs ou, au contraire, font clairement entendre les bémols de leur partition. Beaucoup d'hétérosexuels tolèrent ou sont neutres vis-à-vis des gays, mais concernant les gay-pride, les voici résolument contre ! Ce peut aussi être l'adoption qui les chatouille, ou la visibilité du Marais, ou la techno, ou, que sais-je encore... Mais il y a toujours un truc qui ne passe pas. A un moment donné, les gays en font ou en demandent toujours un peu trop. C'est d'ailleurs là que se situent les limites de la tolérance, son seuil, justement.


A la tolérance, il y a toujours des bornes et ces bornes, ce sont celles qui quadrillent le territoire hétérosexuel, son pré carré et les prérogatives ou avantages qu'elle ne veut pas remettre en cause. On ne peut questionner l'homosexualité sans déborder sur le territoire hétéro : les frontières sont poreuses. Mais remettre en question l'hétérosexualité et ce qui était jusqu'à aujourd'hui sa propriété (la parentalité, les droits de succession, l' " ordre symbolique ", etc.), pas question !


Moi, j'aimerais savoir : l'hétérosexualité, quand est-ce que ça vous a pris ? Vous en avez parlé à vos parents ? Et au travail, ça pose un problème ? Comment la vivez-vous ? Poser ces questions, c'est induire que les fondements de l'hétérosexualité ne sont peut-être pas aussi stables que les hétérosexuels voudraient bien le croire. Mais c'est surtout remettre en question sa souveraineté, en particulier sur les processus de production du sens. C'est remettre en question l'hétérosexuel (et surtout le mâle hétéro) comme seul sujet pensant qui regarde le reste de la création comme un objet d'étude.


L'hétérosexuel, quand il questionne un gay, à tendance à se placer d'emblée comme une incarnation unique du cogito cartésien. C'est, comme je le disais plus haut, bien lui qui tient la lampe de l'interrogatoire. C'est lui qui " pose les questions ". Sitôt qu'on remet en cause sa souveraineté, il prend peur et son hétérosexualité révèle son vrai visage : celui d'une dictature, une dictature du langage, une dictature du sens.


L'hétérosexualité, en fait, n'est pas une sexualité, c'est un " régime politique ".


Le mot est de Monique Wittig. Qu'on ne vienne pas dire que ce n'est qu'un problème de " tolérance ". Ce n'est pas ce pauvre sentiment qui résoudra le problème.


La tolérance s'assortit toujours d'un " mais " et d'un seuil : ce qu'on accepte " en attendant ", car on n'a pas encore " étudié la question ", qu'on garde son " quant-à-soi ", mais surtout ce qu'on accepte indifféremment faute de pouvoir techniquement s'y opposer...


Dans cette " indifférence "-là, il y a la substance toujours en germe d'un possible désaccord, voire d'un possible déni d'existence ou de reconnaissance d'un droit. La tolérance, dans le terme même, induit bien qui la décide et donc de quel côté se place la norme. Seulement, donc, si la tolérance consiste à laisser filer ce qu'on ne peut empêcher, une sorte de renoncement, à défaut même d'un poliss(ç)age, je ne vois pas où réside le progrès intellectuel qu'elle suppose. Je ne vois pas en quoi ce concept mérite autant d'éloges. Je ne vois même pas quelle supériorité la ferait triompher de la simple politesse, beaucoup plus opérante, à mon sens, pour la paix sociale et celle des ménages.


Je ne réclame pas la tolérance. A aucun moment. Jamais. Et confronté à l'intolérance, je ne crois pas qu'il faille opposer la tolérance, justement.


L'intolérance est une chose violente et forte. A cette violence, il faut opposer quelque chose d'au moins aussi violent et d'aussi fort. Et la tolérance en question est loin d'avoir cette force, puisque dans sa définition même, elle prétend à une bienveillante neutralité. Contre l'intolérance (mais dans le cas qui nous préoccupe, nous dirons l'homophobie), il faut opposer des interdits, des lois, des droits et des devoirs, mais surtout des ACTES et les actes présupposent de quitter cette " bienveillante neutralité ". C'est un travail collectif, c'est un devoir démocratique qui exige des prises de position radicales.


La tolérance ne propose rien de tel. Elle n'est qu'un petit exercice du quotidien consistant juste à s'abstenir de dire " je n'aime pas les pédés " ou à se forcer de penser " chacun fait ce qu'il veut de son cul " (ou tout autre scie bien-pensante). Mais lorsqu'il y a réel danger, lorsque des lois empêchent les homosexuels d'être des citoyens à part entière, lorsque des homophobes actifs viennent nous insulter, nous frapper ou nous tuer, que fait la tolérance ? Rien. Elle se contente, et ceux qui l'adoptent avec, de trouver cela malheureux et de sortir son mouchoir, quand elle (ils) n'a (n'ont) pas le culot de dire " mais faites quelque chose ! ". Faire quelque chose, c'est AGIR collectivement. Si seuls les gays défendent les gays, les Noirs défendant les Noirs et les Juifs les Juifs, où est la démocratie ? Il ne s'agit donc pas de les " tolérer ", mais de les défendre et de se battre avec et pour eux.


Tolérance et intolérance sont les deux faces d'une même pièce, celle d'une monnaie de singe.


Je crois qu'il n'y a rien de plus contraire à l'exercice de la citoyenneté que la tolérance. Un gay n'est pas là pour être toléré, il est là pour être défendu quant il est victime d'homophobie. Et l'homophobie ne commence pas avec les insultes et les coups, mais bien avant. Quand un citoyen se réclame de la tolérance, nous pouvons être assurés que sa citoyenneté à l'égard de ce point de la démocratie qu'est la défense des droits gays (c'est-à-dire les mêmes que ceux de tous les autres citoyens) ne relève aucunement d'un devoir actif, mais d'une passivité voire d'une indifférence. Cette indifférence s'applique donc également vis-à-vis de l'homophobie, cas très fréquent, mais dont les malades atteints de cette atrophie d'empathie démocratique se cachent avec soin. C'est d'ailleurs à leur intention, sans doute, et par elles-mêmes, que fut inventée la catégorie précieuse, et secourable entre toutes, de la tolérance.




L'interview ici

# Posté le samedi 06 septembre 2008 17:52

Poème de Catulle

Viuamus, mea Lesbia, atque amemus,
Rumoresque senum seueriorum
Omnes unius aestimemus assis.
Soles occidere et redire possunt ;
Nobis cum semel occidit breuis lux,
Nox est perpetua una dormienda.
Da mi basia mille, deinde centum,
Dein mille altera, dein secunda centum,
Deinde usque altera mille, deinde centum.
Dein, cum milia multa fecerimus,
Conturbabimus illa, ne sciamus,
Aut ne quis malus inuidere possit,
Cum tantum sciat esse basiorum.




Vivons, ma Lesbia, et aimons-nous, et que tous les murmures des vieillards moroses aient pour nous la valeur d'un as. Les feux du soleil peuvent mourir et renaître ; nous, quand une fois est morte la brève lumière de notre vie, il nous faut dormir une seule et même nuit éternelle. Donne-moi mille baisers, puis cent, puis mille autres, puis une seconde fois cent, puis encore mille autres, puis cent. Et puis, après en avoir additionné beaucoup de milliers, nous embrouillerons le compte si bien que nous ne le sachions plus et qu'un envieux ne puisse nous porter malheur, en apprenant qu'il s'est donné tant de baisers.




Lorsque Catulle écrit ce poème, au premier siècle avant JC, écrire sur l'amour comme il le fait est une innovation dans une Rome antique où l'amour est déconsidéré. Catulle adopte donc une attitude résolument anticonformiste en s'adressant ainsi à une amante littéraire, "Lesbia" (dont le nom est sans doute un hommage à la poétesse grecque Sappho) et en s'appuyant sur une vision de l'existence qui rappelle l'épicurisme vulgarisé d'Horace ("Carpe diem").
Catulle écrivit également des poèmes adressés à un amant, Juventius.

Extrait de son contexte historique, ce poème reste une invitation à vivre l'amour librement sans se soucier des conventions sociales aliénantes.
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# Posté le mercredi 05 novembre 2008 14:08